Voilà trois ans que l'Europe est en crise gravissime. Le continent frôle la récession, ses divisions internes se creusent avec l'emploi au nord et le chômage au sud, les populations se dressent, se tournent vers les populistes et les responsables sont toujours aussi incapables de prendre des décisions de sauvetage convaincantes. Les investisseurs mondiaux perdent espoir, tandis que le découragement gagne les plus historiques militants de la cause européenne.
«Nous avons fait beaucoup de chemin!» clament les optimistes. C'est vrai. Qui aurait dit que l'Allemagne accepterait de payer deux plans d'aide pour la Grèce? Que la Banque centrale européenne ouvrirait grandes ses caisses pour refinancer les banques? Que 500
Je lisais récemment, dans un livre non encore publié, un passage sur la scène culinaire de Berlin qui, étonnamment, recouvrait les mêmes thématiques que l'essai de Om Malik dans lequel il expliquait pourquoi Berlin allait devenir la nouvelle plateforme high-tech de l'Europe. Et d'ailleurs, ces deux ouvrages recoupent ce que j'ai pu lire ailleurs sur l'extraordinaire dynamisme artistique de cette ville. Tout est question de loyers. Berlin s'est construite dans la première moitié du XXe siècle pour servir de centre financier et commercial à l'Empire allemand. Ensuite, pendant la Guerre Froide, elle subit un double aménagement pour devenir le cœur industriel de l'Allemagne de l'Est et incarner, pour l'Allemagne de l'Ouest, un joyau subventionné vantant la supériorité du capitalisme. Puis vient la réunification, et il s'avère que toutes les affaires allemandes se jouent à Francfort, Munich, Hambourg ou dans la région du Rhin-Ruhr et vous voilà dans une ville avec un parc immobilier énorme. D'où les loyers très bon marché comparés aux autres capitales du monde occidental, et un dynamisme et une innovation artistique/technologique/culinaire que toute la planète lui envie. Etre pas cher, ça peut aussi vouloir dire nul
Tout cela est vrai, en l'état actuel des choses, mais mérite qu'on s'y penche de manière un peu plus approfondie.
D'une part, si des infrastructures historiques et des loyers modérés étaient, en soi, la clé du succès, Detroit ... Lire la suite
Lorsqu’on fait sauter un plafond, c’est pour viser plus haut. C’est exactement l’objectif poursuivi avec le Prêt à taux zéro Plus (PTZ+). A partir du 1er janvier prochain, il sera accessible sans plafond de ressources – c'est-à-dire qu’il ne sera plus réservé aux foyers à revenus dits modestes (par exemple pour un foyer de 3 personnes, jusqu’à 50.000 euros de revenu fiscal à Paris et 36.000 euros en province), mais pourra également profiter à ceux des classes moyennes, voire aux foyers aisés, quels que soient leurs revenus.
Une boîte à outils bien remplie
Déjà, en 2009, le PTZ classique avait profité d’un lifting qui en avait doublé le montant. Et compte tenu des nouveaux plafonds qui avaient été établis pour le prêt à l’accession sociale (PAS), le Crédit foncier, spécialiste de ces modes de financement, considérait que 60% de la population française était devenue éligible à ces prêts subventionnés.
En fait, les foyers primo-accédants à la propriété (ceux qui réalisent leur premier achat de résidence principale) ne manquent pas d’outils pour les accompagner dans leur investissement. Car en plus des deux types de prêts déjà mentionnés et qui peuvent être couplés, de nombreuses collectivités locales – et notamment de grandes villes – proposent des prêts complémentaires calés sur les caractéristiques du PTZ, qu’elles destinent aux jeunes foyers pour faciliter leur installation dans leur ... Lire la suite
Depuis la folle montée du prix des actions dans le secteur des nouvelles technologies à la fin des années 90 et leur brutale rechute entre 2000 et 2002, les bulles sont à l’honneur. Si l’on en croit certains économistes, nous sommes entrés dans une économie de bulles. Quand l’économie va mal, les banques centrales font baisser les taux d’intérêt et les gardent à un bas niveau aussi longtemps qu’elles le jugent nécessaire. Elles peuvent se le permettre: du fait de la concurrence des pays émergents, les prix et les salaires ne peuvent plus augmenter très vite dans les pays développés. Les risques d’inflation provoqués par des politiques monétaires très souples sont donc limités. En revanche, des taux d’intérêt durablement faibles encouragent la montée du prix des actifs financiers et immobiliers: on peut financer des positions spéculatives ou emprunter à peu de frais. Si la Bourse et le prix des logements augmentent, les ménages se sentent plus riches, ils consomment davantage et l’activité repart.
Malheureusement,
L’Ile-de-France n’est pas la France. Il existe d’autres zones «tendues», comme disent les experts quand la demande excède l’offre et que les prix sont à la hausse, mais Paris et sa proche banlieue sont l’exemple le plus révélateur des problèmes qui se posent actuellement dans le logement et de la difficulté des pouvoirs publics à trouver des solutions. Si l’on en vient à envisager des mesures extrêmes comme le blocage des loyers, c’est bien parce que la situation commence à devenir franchement préoccupante.
Pour être précis, il faut dire que le terme blocage n’est pas employé officiellement. Chacun préfère parler d’«encadrement» des loyers. Le blocage des prix ne fait plus partie de la trousse à outils des économistes modernes. Trop archaïque! C’est vrai que la hausse des prix d’un bien, quel qu’il soit, traduit généralement une situation de pénurie; bloquer les prix, cela revient à casser le thermomètre, mais cela ne règle pas le fond du problème. Et, en matière de logement, beaucoup de responsables politiques ou administratifs ont encore en mémoire les désastreux effets secondaires de la fameuse loi de 1948 qui a conduit beaucoup de propriétaires à arrêter de faire des frais pour entretenir et améliorer les logements qu’ils louaient. Personne n’a envie de recommencer l’expérience.
Propriété impossible, location inaccessible
Pourtant, il faut faire quelque chose. L’accession à la propriété devient ... Lire la suite
Les salariés propriétaires de leur résidence principale qui envisagent une mobilité professionnelle se heurtent à une double peine fiscale et légale. En effet, vendre pour racheter est très cher, louer pour louer est fiscalement punitif, récupérer son bien loué est difficile.
La récente prospérité allemande doit énormément au succès du Mittelstand, tissu de petites et moyennes entreprises (PME), qui depuis deux ans sont parvenues à tirer extrêmement bien leur épingle du jeu, surfant sur la vague d’une frénésie d’exportations vers la Chine.
Même si les statistiques fournies par Eurostat montrent que la contribution des PME à l’emploi reste similaire à celle contrastée en moyenne en Europe, c’est en réalité parce que les critères retenus pour définir les PME (moins de 250 employés) sont particulièrement restrictifs et excluent de nombreuses sociétés employant plus de 250 personnes et qui peuvent tout de même être considérées comme des entreprises de taille moyenne.
En fait, la définition officielle allemande du Mittelstand inclue les entreprises jusqu’à 500 employés. En effet, les PME allemandes sont en général plus grosses que celles des autres pays européens. Elles ont aussi tendance à être plus solides financièrement. Tandis que les PME en France et au Royaume-Uni ont été durement touchées après le déclenchement de la crise financière, en 2008, – subissant à la fois les effets du «credit crunch» et une pression accrue des grands groupes qui sont en général leur donneur d’ordres – elles ont nettement mieux résisté en Allemagne.
Selon la Deutscher Sparkassen und Giroverband, une association des caisses d’épargne du pays, les sociétés allemandes réalisant un chiffre ... Lire la suite
Les socialistes ont mis l'Espagne «à genoux», ils ont conduit la Grèce à la faillite. C'est ce que Nicolas Sarkozy et l'actuelle majorité ont expliqué pendant la campagne. Si c’était vrai, on pourrait avoir peur pour la France. Pour tout dire, si l’ancien Président de la République et d’autres dirigeants de l’actuelle majorité avaient raison, cela nous simplifierait beaucoup la tâche, en tant qu’électeurs, pour les prochaines législatives. Si socialisme rimait avec mauvaise gestion et faillite, le choix serait simple. Malheureusement, il semble que ce soit un peu plus compliqué.
Si l’on regarde les trois pays du sud de l’Europe qui présentent la plus grande fragilité actuellement –la Grèce, l’Espagne, le Portugal–, on constate que des partis se réclamant du socialisme y ont effectivement occupé le pouvoir au cours des dernières années. Mais, dans tous ces pays, ils n’ont pas été constamment au pouvoir et, quand ils l’ont été, ils n’ont pas toujours été majoritaires au Parlement. Bref, il n’est pas toujours facile de déterminer avec précision qui est responsable de quoi. C’est pourtant ce qu’il faut tenter de faire.
Une référence, la situation en 2008, avant la crise
Dans son propre bilan, Nicolas Sarkozy a beaucoup insisté sur la crise, la plus épouvantable que nous ayons connue depuis près d’un siècle comme il nous l’a répété à maintes reprises; c’est cette crise qui nous empêche de juger son ... Lire la suite